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La moyenne dynamique

08/06/26 12:00

LA MOYENNE DYNAMIQUE : QUAND LES PASSOIRES THERMIQUES FINANCENT LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE

LA MOYENNE DYNAMIQUE : QUAND LES PASSOIRES THERMIQUES FINANCENT LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE

Aujourd'hui, nous plongeons au cœur d'un concept qui bouscule toutes les idées reçues sur le financement de la transition écologique des bâtiments publics : la Moyenne Dynamique.
Face à l'urgence climatique et aux obligations légales comme le décret tertiaire ou le décret BACS, les collectivités locales se retrouvent souvent paralysées par le mur financier des travaux. La réaction classique ? Agir dans l'urgence, en changeant trois fenêtres par-ci ou une chaudière par-là, de manière totalement fragmentée. C'est ce que l'on appelle l'approche "bâtiment par bâtiment", une méthode ruineuse qui empêche toute véritable massification de la transition.
C'est ici qu'intervient la méthode NUMERGEE (à éprouver via le projet Aube Transition) avec une rupture méthodologique majeure : la Moyenne Dynamique.
Changer de lunettes : de l'individuel au patrimonial
Le principe de la Moyenne Dynamique repose sur un changement fondamental de perspective : il faut passer d'une logique "bâtimentaire" à une logique "patrimoniale".
Concrètement, au lieu d'analyser la rentabilité d'une seule école ou d'un seul gymnase de manière isolée, l'approche exige de fusionner l'ensemble du parc immobilier de la collectivité dans un seul et même calcul. La Moyenne Dynamique est ainsi un indicateur statistique évolutif qui permet de prioriser et d'optimiser les investissements à l'échelle globale d'un territoire comme un outil d’aide à la décision. A noter que les moyennes calculées sont élaborées par catégorie de bâtiment (enseignement, tertiaire, sportive,...) pour juger de sa réelle performance dans son secteur en comparant des mêmes catégories entre elles pour identifier les passoire et ainsi rejoindre le parc soumis à la méthode mélangeant les catégories entre elle (approche multisectorielle) pour créer un périmètre de parc propice à l'approche patrimoniale.
Pourquoi ce décloisonnement est-il la clé de voûte du système ? Si une mairie cherche la rentabilité bâtiment par bâtiment, elle ne rénovera que les édifices les plus faciles à traiter, laissant les autres à l'abandon faute de rentabilité rapide. En lissant l'effort sur la totalité du patrimoine, les bâtiments les plus complexes à rénover sont "absorbés" et compensés par les performances des autres bâtiments.
Les passoires thermiques : le trésor caché des villes
C'est là que réside l’innovation et l’intérêt de ce système : la nature du bâtiment qui sauve tout le modèle économique est précisément la "passoire thermique".
Habituellement perçus comme un fardeau, les bâtiments les plus énergivores (souvent classés G) deviennent le levier financier principal du projet. En appliquant une rénovation globale sur une passoire thermique, la chute de consommation est si vertigineuse que la facture d'énergie est divisée de 3 à 5 selon le cas. Cette marge financière, dégagée très rapidement, transforme une contrainte en une véritable manne financière dormante.
L'approche mutualiste : le malade qui aide le bien portant
Ce mécanisme résonne puissamment avec notre modèle social français : c'est une approche profondément mutualiste et solidaire.
Les économies massives générées par la rénovation de la passoire thermique agissent très exactement comme une "cotisation solidaire inversée". Au lieu de retourner dans le budget général de la commune, cet argent économisé est sanctuarisé et fléché pour payer les travaux des bâtiments déjà un peu plus performants, où les gains marginaux sont beaucoup plus longs et coûteux à obtenir.
En résumé : le bâtiment le plus malade finance le reste du parc le plus performant. C'est un mécanisme de solidarité intra patrimoniale inversée..
L'enveloppe budgétaire ne bouge pas
Le véritable tour de force de la Moyenne Dynamique pour les finances publiques locales, c'est que la ligne budgétaire globale dédiée à l'énergie reste strictement identique hors inflation générale.
La dépense est simplement ventilée différemment : la part allouée à payer la facture énergétique diminue grandement, et l'immense part restante sert à rembourser la dette des travaux. La charge fiscale est donc totalement neutre, sans un seul centime d'impôt supplémentaire demandé aux citoyens.
En adoptant la Moyenne Dynamique, la transition écologique cesse d'être une charge punitive pour devenir une opportunité territoriale systémique. L'obstacle n'est plus financier, il est psychologique : il suffit d'accepter d'arrêter de payer dans le vide pour des kilowattheures gaspillés, et d'investir cet argent pour racheter notre propre patrimoine.
Et vous, quand passez-vous à la Moyenne Dynamique pour vos bâtiments ?

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